Snorkeling en Guadeloupe : les criques de Terre-de-Bas

Snorkeling en Guadeloupe : où mettre le masque aux Saintes, ce que l'on observe à Terre-de-Bas, les règles de protection des tortues et le bon créneau horaire.

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Snorkeling en Guadeloupe : les criques de Terre-de-Bas

Le snorkeling en Guadeloupe se pratique toute l’année, dans une eau qui dépasse rarement les 26 degrés. Aux Saintes, les criques de Terre-de-Bas offrent des fonds accessibles depuis la plage, sans bateau ni club. Reste à savoir où entrer, quand, et ce que la réglementation impose.

Où poser son masque en Guadeloupe

L’archipel guadeloupéen concentre plusieurs types de fonds. Les herbiers de phanérogames marines, ces prairies sous-marines qui nourrissent les tortues vertes, bordent la plupart des baies abritées. Les tombants coralliens se trouvent plutôt sur les côtes exposées et autour des îlets.

Le site le plus connu reste la réserve Cousteau, autour des îlets Pigeon, au large de Bouillante sur la côte ouest de Basse-Terre. La plage de Malendure sert de point de départ, et les tortues vertes y broutent régulièrement les herbiers proches du rivage. La fréquentation y est élevée en saison.

Les dépendances offrent une alternative moins courue. Marie-Galante, La Désirade et surtout Les Saintes proposent des criques où le snorkeling en Guadeloupe se pratique sans attendre son tour. Notre guide pour débuter le snorkeling détaille la technique et le matériel de base avant de choisir un spot.

Fonds marins tropicaux avec poissons colorés et coraux vus depuis la surface

Terre-de-Bas, des criques accessibles à pied

L’archipel des Saintes compte deux îles habitées. Terre-de-Haut, la plus fréquentée, abrite une baie classée au club des plus belles baies du monde, association internationale créée à Berlin en 1997. Terre-de-Bas, sa voisine, s’étend sur 6,8 kilomètres carrés et compte un peu plus de mille habitants selon les recensements de l’INSEE.

Cette île fonctionne sans complexe touristique. Trois criques principales structurent la pratique du masque et du tuba :

  • Grande-Anse, au nord-est, juste derrière le débarcadère, avec un fond sableux qui rejoint des patates de corail
  • L’Anse à Dos, plus abritée, accessible par un sentier ombragé depuis la route
  • Grande Baie, sur la façade opposée, appréciée pour ses rochers et sa vie fixée

Les fonds n’ont pas la densité corallienne des grands sites de plongée, mais leur intérêt tient à la tranquillité : quelques nageurs, pas de bateau d’excursion, et la possibilité de revenir plusieurs fois dans la même journée sans transfert.

Rêve de Robinson, dont le gîte terre de bas occupe les hauteurs de Grande-Anse dans un jardin créole, illustre bien l’intérêt logistique de loger sur place : la crique se rejoint à pied, ce qui permet de guetter la fenêtre de mer calme du matin sans dépendre des rotations de ferry.

Ce que vous observez sous la surface

La faune visible en snorkeling se compose surtout de poissons de récif et d’herbier. Poissons-perroquets qui broutent bruyamment les coraux, sergents-majors en bancs serrés, poissons-chirurgiens bleus, demoiselles territoriales, balistes et parfois une raie pastenague posée sur le sable.

Les tortues marines constituent l’observation la plus recherchée. Trois espèces fréquentent les eaux guadeloupéennes, la tortue verte étant la plus visible dans les herbiers peu profonds. Leur présence dépend du calme de l’eau et de l’heure : le matin, avant que le vent lève, reste le meilleur moment.

Un intrus figure aussi au tableau : le poisson-lion, espèce invasive installée dans la Caraïbe depuis le début des années 2000. Ses épines venimeuses justifient une distance de sécurité, sans panique particulière. Signalez-le aux structures locales plutôt que d’essayer d’intervenir.

Les herbiers eux-mêmes méritent le regard. Ces prairies sous-marines fixent les sédiments, abritent les juvéniles de nombreuses espèces et nourrissent les tortues. Notre dossier sur les aires marines protégées explique le rôle de ces milieux dans la gestion du littoral français.

Tortue verte nageant au-dessus d’un herbier marin dans une eau claire et peu profonde

La réglementation, plus stricte qu’on ne le croit

Les tortues marines sont intégralement protégées. Un arrêté du 2 octobre 1991 a fixé la liste des espèces protégées en Guadeloupe, et la protection s’applique désormais sur l’ensemble du territoire national par arrêté ministériel. Concrètement, la perturbation intentionnelle, la poursuite et le contact sont interdits, y compris avec les meilleures intentions.

Les pratiques recommandées par les gestionnaires d’espaces marins tiennent en quelques gestes :

  • Se maintenir à distance, derrière l’animal, sans jamais couper sa trajectoire vers la surface
  • Ne pas toucher, ne pas nourrir, ne pas utiliser de flash sous l’eau
  • Limiter le temps d’observation pour ne pas empêcher la remontée respiratoire
  • Éviter de palmer au-dessus des coraux et de poser le pied sur les herbiers

Les mouillages posent un autre problème. Les ancres des bateaux labourent herbiers et coraux, ce qui a conduit à l’installation de bouées écologiques dans plusieurs zones de Guadeloupe. Ces dispositifs limitent la dégradation des fonds tout en organisant l’accueil des plaisanciers.

Dernier point : la crème solaire. Les filtres chimiques classiques se retrouvent dans l’eau et affectent les organismes coralliens. Un tee-shirt anti-UV règle la question mieux que n’importe quel produit, et évite en prime le coup de soleil du dos, sanction classique d’une heure passée face contre l’eau.

Le bon créneau et le bon matériel

Pour le masque et tuba, la fenêtre du matin domine tout le reste. Entre le lever du jour et dix heures, la mer reste généralement plate, la lumière pénètre bien et la faune se montre plus active. L’après-midi, les alizés lèvent un clapot qui trouble la visibilité près du rivage.

Côté matériel, trois pièces suffisent : un masque à la taille du visage, un tuba simple et des palmes courtes. La qualité du masque décide de tout, l’étanchéité important davantage que le prix. Ajoutez le tee-shirt anti-UV et, pour les sorties longues, une petite bouée de signalisation qui vous rend visible depuis un bateau.

Deux règles de sécurité valent partout : ne jamais partir seul et rester dans une zone où vous pouvez reposer le pied ou rejoindre le bord sans effort majeur. Les courants de sortie de baie surprennent des nageurs expérimentés. Notre comparatif des meilleurs spots de plongée en France rappelle ces fondamentaux, applicables en métropole comme aux Antilles.

Pour ceux qui veulent élargir le terrain de jeu, les excursions en bateau organisées depuis l’archipel donnent accès aux îlets et aux fonds plus éloignés, avec un encadrement qui gère le mouillage et la sécurité.

Palmes, masque et tuba posés sur une plage de sable clair au bord d’une eau turquoise

Saison, météo et houle

L’eau de la mer des Caraïbes reste chaude toute l’année, entre 26 et 29 degrés selon la saison. La différence se joue sur l’état de la mer et sur la visibilité. La saison sèche, de décembre à avril, offre des alizés soutenus mais réguliers et une eau plutôt claire. Les houles de nord peuvent toutefois rendre certaines criques impraticables en hiver.

De juin à novembre, la mer devient souvent plus lisse, avec une visibilité excellente entre deux averses. Cette période correspond aussi à la saison cyclonique, dont le maximum statistique se situe en août et septembre, suivie de près par Météo-France dans les Antilles.

Le réflexe utile consiste à regarder l’orientation de la crique par rapport au vent du jour. Une anse exposée au nord-est devient inconfortable dès que l’alizé forcit, alors que sa voisine sous le vent reste praticable. Sur une petite île, ce choix se fait en quelques minutes de marche.

Préparer une sortie avec des enfants

Le masque et le tuba se partagent dès six ou sept ans, à condition de choisir une crique calme et peu profonde. Le matériel enfant existe en taille adaptée : un masque trop grand prend l’eau en permanence et dégoûte le débutant en dix minutes.

Trois précautions rendent la séance agréable :

  • Un gilet ou une frite en mousse pour flotter sans effort pendant l’apprentissage de la respiration au tuba
  • Un tee-shirt anti-UV, car le dos reste exposé au soleil pendant toute la durée de l’observation
  • Une entrée dans l’eau depuis le sable, jamais depuis les rochers, glissants et couverts d’organismes fixés

Fixez une zone de nage visible depuis la plage et gardez un adulte dans l’eau avec le groupe. La règle du binôme vaut aussi pour les familles.

Après l’eau : sécher, rincer, ranger

Le sel abîme le matériel plus vite que l’usage. Rincez masque, tuba et palmes à l’eau douce après chaque sortie, faites sécher à l’ombre et rangez le masque dans sa boîte, jupe vers l’extérieur, pour éviter les déformations.

Un masque neuf demande un dégraissage initial, la couche de silicone laissée par la fabrication provoquant la buée systématique. Un peu de dentifrice non abrasif frotté puis rincé règle le problème une fois pour toutes.

Enfin, gardez la trace de vos sorties : date, crique, état de la mer, espèces vues. Sur une même île, deux criques donnent des résultats très différents selon le vent du jour, et ce petit carnet fait gagner du temps au séjour suivant. La démarche rejoint celle de l’écotourisme côtier, qui repose d’abord sur l’observation attentive.

Rêve de Robinson, un point de chute à deux pas de l’eau

Rêve de Robinson exerce une activité de location d’écogîtes en jardin créole à Terre-de-Bas, dans l’archipel des Saintes. Six logements se répartissent sur les hauteurs de Grande-Anse : la Kaz Robinson et ses chambres accessibles par passerelles, la Hutte Karaib de plan octogonal, la Kaz Bwa d’Inde inspirée de la case créole traditionnelle, le bas de villa Anbas Labas et un carbet de détente.

Les constructions se passent de climatisation grâce à une conception ventilée, et chaque kaz dispose de sa cuve de récupération d’eau chauffée à l’énergie solaire. La réservation se traite en direct auprès des propriétaires, qui accueillent au débarcadère et servent un petit-déjeuner tropical en terrasse.

Crique abritée bordée de rochers volcaniques et de cocotiers, eau transparente

Les questions que se posent les nageurs de surface

Où faire du snorkeling aux Saintes en toute sécurité ?

Les criques abritées du vent dominant offrent les meilleures conditions. À Terre-de-Bas, Grande-Anse et l’Anse à Dos permettent d’entrer depuis la plage, sur un fond sableux qui rejoint progressivement les patates de corail. Restez dans la zone où vous pouvez reprendre pied, évitez les sorties de baie où le courant se renforce et privilégiez le matin, quand la mer est encore plate et la visibilité maximale.

Quelles espèces peut-on observer au masque et au tuba ?

Les poissons de récif dominent : perroquets, sergents-majors, chirurgiens bleus, demoiselles et parfois balistes. Sur les fonds sableux, une raie pastenague passe régulièrement. Les tortues vertes fréquentent les herbiers peu profonds, où elles broutent, et remontent respirer toutes les quelques minutes. Le poisson-lion, espèce invasive de la Caraïbe, se reconnaît à ses longues épines et demande une distance de sécurité.

Quelles règles respecter face aux tortues marines ?

Les tortues marines sont protégées par arrêté, en Guadeloupe depuis 1991 puis sur tout le territoire national. Toute perturbation intentionnelle est interdite. Concrètement, restez en retrait et légèrement derrière l’animal, ne coupez jamais sa remontée vers la surface, ne touchez pas, ne nourrissez pas et n’utilisez pas de flash. Limitez la durée d’observation, puis éloignez-vous calmement sans palmer au-dessus des herbiers.

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